Dépression ou dépression ? Comment faire la différence ?

La dépression est un trouble dit « thymique » (de l’humeur), Elle toucherait (source Institut National de Veille Sanitaire) 5 à 7,8 % des Français.

Dépression ou non ?

La dépression associe de manière variable et complexe un trouble de l’humeur, des troubles somatiques extrêmement divers et surtout, signe pathognomonique (qui caractérise la maladie), un ralentissement psychique et moteur en général visible -sauf à ce qu’il soit masqué par une agitation anxieuse.
Il ne suffit donc pas de se sentir triste pour relever de cette maladie. « Déprime » et « dépression majeure » ne sont pas synonymes : seul un diagnostic posé à partir de critères cliniques précis permet de construire une prise en charge adaptée. Ainsi, la souffrance morale -que le diagnostic de dépression proprement dite soit avéré ou non- pourra être travaillée et apaisée…

Si c’est une dépression, laquelle ?

Même lorsque l’hypothèse d’une « dépression » se confirme, encore faut-il préciser si elle est endogène (l’ancienne « mélancolie ») ou psychogène ; et dans ce dernier cas, si elle est névrotique ou réactionnelle.

Imaginons, à titre d’illustration, une personnalité de type phobique (qui manifeste une angoisse démesurée à la vue d’un objet ou d’une situation), de type obsessionnel (qui compte, range, nettoie, ou vérifie tout etc.), de type hystérique (qui aurait besoin d’un public sans jamais parvenir à nouer de vraies relations) : une personnalité « névrotique » comme celles énumérées ci-dessus développe fréquemment une dépression du fait-même du caractère envahissant de son symptôme, qui finit par réduire sa vie à un enfer ou à un désert social…Idem pour des personnalités dépendantes ou « addictives ».

Une telle configuration n’aurait rien à voir avec la dépression d’un patient qui ne parviendrait pas à surmonter un échec, une perte ou un deuil, et ne supposerait par conséquent pas le même type de travail en thérapie.

Et l’on pourrait multiplier ce type d’exemples cliniques à l’infini, soulignant ainsi la nécessité de savoir se référer à une culture en psychopathologie dans laquelle la capacité d’écoute est certes nécessaire mais non suffisante.

 

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