Psychothérapie et téléphone

Une réponse concrète aux difficultés organisationnelles de la vie moderne

Jamais la demande d’aide ne s’est exprimée aussi fortement que depuis quelques années. Non sans doute que nous vivions une époque plus « dure » que les précédentes (le bon vieux temps » d’une Europe en guerre, d’une médecine balbutiante, du suffrage censitaire et des enfants travaillant à la mine reste somme toute très relatif). Pourtant, la souffrance semble massivement ressentie, probablement sous la pression d’un écart croissant entre le « modèle » auquel chacun aspire, matraquage médiatique aidant, et ce que lui renvoie son miroir. Cependant, celles et ceux qui souhaiteraient se faire aider n’en ont pas toujours la possibilité. Et si l’Etat pallie les inégalités économiques par le biais de consultations prises en charge par la collectivité (en CMP et CMPP par exemple), il ne permet pas, entre autres du fait de la sectorisation de la psychiatrie, de choisir son thérapeute. Il ne peut pas non plus apporter de réponse à ceux qui ne peuvent consulter faute de temps ou du fait de l’impossiblité de se déplacer. En effet, c’est parfois le temps qui manque : actifs surchargés, (a fortiori quand ce sont des « actives » commençant une seconde journée de travail une fois à la maison) ; femmes au foyer « ligotées » par les contraintes horaires de chacun des membres de la famille, cadres surmenés, travailleurs dont les amplitudes horaires ne permettent pas de se libérer aux heures « habituelles » etc.

Une meilleure accessibilité du soin

Parfois aussi, pour de nombreuses personnes, c’est la distance qui pose problème : français expatriés dans des pays non francophones ou ne permettant pas un choix satisfaisant en matière d’aide psychologique, personnes sans voiture habitant des lieux mal desservis, ruraux pour lesquels le premier psychologue se trouve à des dizaines de kilomètres ; mais aussi personnes à mobilité réduite, que l’invalidité soit provisoire ou non…

Une grande liberté de choix

Enfin, le téléphone, dans le cadre d’une recherche de thérapie, permet à tout un chacun de choisir son praticien sur des critères infiniment plus pertinents que la seule accessibilité géographique…

Une démarche plus simple

Au-delà de la résolution de difficultés d’ordre pratique, la relation d’aide par téléphone permet aussi d’entreprendre un travail lorsque le regard de l’autre pose problème. En effet, pour certaines personnes et pour de multiples raisons (timidité, handicap etc.), la perspective du face-à-face peut être destabilisante au point de conduire à renoncer à demander de l’aide. En ce sens, la distance inhérente au téléphone peut constituer un « facilitateur ».

La parole au cœur de la thérapie

Enfin, dans des séances où la parole occupe le premier plan, l’approche téléphonique se justifie pleinement, et il ne s’agit nullement de prétendre à un « équivalent » au face-à-face : c’est une manière différente de travailler, sachant que les mots et les silences, le timbre de la voix et le rythme de l’élocution, les caractéristiques sémantiques, syntaxiques, prennent une dimension accrue du fait qu’en l’absence de données visuelles, la parole occupe pleinement l’espace.